Département de l’Ariège, Arrondissement de Foix, Canton de Montgailhard


Altitude : 393 / 655 m

Longitude : 1° 31’ 60’’ E

Latitude : 43° 00’ 58’’ N

(Carte: Conseil Général de l’Ariège)

Surface : 1462 ha


Démographie :

1806 : 424

1851 : 481

1856 : 463

1901 : 458

1921 : 236

1946 : 216

1968 : 144

1982 : 113

1999 : 146

2006: 163


« Baulo » en 1390 ; « Baulon » en 1801 (Bulletin des Lois)


Approches historiques :

Site préhistorique occupé à l’époque romaine (pour preuves les grottes magdaléniennes avec leurs vestiges gallo-romains), Baulou relèvera du consulat de Foix

1194 : lors d’une transaction entre Raymond-Roger, comte de Foix et Bernard Amiel de Pailhès, il est fait mention du « château, justice et lieu de Baulou » (Arch. De la Tour Ronde du château de Foix)

4 juillet 1221 : Raymond-Roger, comte de Foix, accorde des coutumes à la commune de Baulou

Lors du dénombrement de 1390, Baulou comprenait 24 familles pour, selon la règle controversée de Voltaire, 208 habitants qui étaient vassaux directs du comte de Foix

En 1450, Baulou est bien mentionnée comme faisant partie de la châtellenie de Foix

Claude de Méric, né à Foix en 1680 : seigneur de Labat (sur l’actuelle commune de Saint Paul de Jarrat), St Martin de Caralp et de Baulou

Ancien consulat de Foix :

Amplaing, Arabaux, Baulou, Bénac, Brassac, Burret, Cadarcet, Cos, Ferrières, Foix, Ganac, L’Herm, Loubens, Loubières, Montoulieu, Pradières, Prayols, St Jean de verges, Saint Martin de Caralp, St Pierre de Rivière, Serres, Soula, Vernajoul

La famille Du Faur possédait, dans la paroisse de Baulou, le fief de Soulé, qui donnait droit d’entrée aux Etats de la province de Foix

En 1776, le marquis de Lévis commence l’exploitation d’une mine de houille sur le territoire de Baulou et de Saint Martin de Caralp

NB : L’église de Saint Martin de Caralp est annexe de Baulou

En 1896, Baulou comporte 91 maisons, 95 ménages pour 589 habitants

Quant au hameau de Clarac : 21 maisons, 22 ménages pour 78 habitants

Hameaux au début du XXème siècle :Lagrange, Clarac, Pichot, Garrapel, Lombard, Carol, Serny, Chartauzel, le Pinié, Picfourcat, Dayne, Saint-Nicouleau, le Portel

Début du XXème : 2 instituteurs et 1 curé y exercent

Une des activités économiques importante était la fabrication de tuiles et briques : au début du XXème siècle, nous y trouvons des fabricants  à Clarac, à Pichot, à Garrapel, au Rouquet, à Lavignotte, à Pouzarny (Pinié), à Naudet, à la Tuilerie. Bergès, en 1839, signalait qu’à Baulou se trouvaient de nombreux fours à plâtre.

La voie ferrée Foix à Saint-Girons, longue de 47 km, desservait les stations de Foix, Baulou, Cadarcet, La Bastide de Sérou, Ségalas, Castelnau-Durban, Rimont, Lescure et St Girons. La ligne de chemin de fer a été fermée en 1954 (la gare de Baulou, la première sur la ligne Foix-Saint-Girons, a été ouverte le 15 octobre 1903) ; l’ancienne voie ferrée est la propriété du département (transformée en piste cyclable)

Une curiosité, aujourd’hui détruite, défraya les chroniques (tout ce qui était religieux a été rasé en 1957) : le « Monastère de Carol » avec ses grottes artificielles, sa chapelle, son calvaire  qui fut la nécropole de la famille Coma.

École fermée en 1982

La commune se trouve dans le périmètre du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises



Patrimoine :

Rivière souterraine de Labouiche : la plus longue rivière souterraine d’Europe, ouverte au public en 1938

 « En 1908, le Dr Dunac commence ses explorations, poursuivies de 1909 à 1912 par le Dr Crémadells assisté de Norbert Casteret et Joseph Delteil : 3800 m de réseau sont découverts. De 1940à 1943, Louis Méroc effectue des recherches archéologiques dans les galeries supérieures de la rivière. Des vestiges de l’époque Gallo-Romaines et un habitat préhistorique magdalénien sont ainsi mis à jour » (Guide 2003)

Le mammouth :

Le 5 février 1901, des ouvriers dans la tranchée de Juncas (510 m d’alt.), sur le tronçon de la voie ferrée en construction de Foix à Saint Girons, entre Baulou et Cadarcet, mettent à jour les os d’un animal fossile gigantesque qui fut reconnu par E. Cartailhac (paléontologue) comme appartenant à un mammouth. Des fouilles sont faites entre le 6 et 14 février qui permettent d’enlever le squelette.

Restauration et montage par Lacomme, conservateur technique du Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse en 1930 (manquaient la colonne vertébrale et les os du bassin). La même année : Gaston Astre, professeur de géologie à la faculté des Sciences de Toulouse, publie ses travaux sur le squelette du mammouth de Baulou

Grotte de la Plane (ou Fantas)

Grotte de Labouiche

Grotte du Portel

Château de Soulé, 15/16éme, remanié au 19éme

Église Sainte Madeleine du 19ème


Parcours souterrain du Fajal et de la rivière Labouiche entre Aigo-Perdent et Aigo-Naychent

Vestiges du monastère de Carol (rasé en 1957): 


ADA, 8 V 9 sur l’état des chapelles en 1903, rapport du maire: « Chapelle de Carol de Baulou: fondée depuis environ 40 ou 45 ans. C’était alors une petite chapelle qui, grâce aux modifications qu’on lui a fait subir, constitue aujourd’hui une véritable église. La messe y est célébrée tous les jours. On y baptise même les enfants. Cette église est située sur la propriété de Mr de Coma, desservant de Baulou. On ne sait si elle a été ou non autorisée »

Au fond d’une des grottes, la statue de Sainte Madeleine:

Ce « monastère », relativement éloigné du bourg de Baulou, alimente toujours les conversations (des rapprochements se faisant avec Rennes le Château). Édifiés par le père de Coma, frère de l’architecte diocésain Ferdinand, les bâtiments étaient imposants, avec crypte, grottes artificielles et chemin de croix extérieur. Ils deviendront propriété du diocèse (à la mort du père de Coma) qui les vendront à des privés sous condition que les bâtiments religieux soient rasés (ce qui se fera en novembre 1956 et janvier 1957).

Fontaine ferrugineuse du hameau de Plancouronne



Pour en savoir plus…

« Le monastère dynamité », M. Dumas, Reglat J.F., 1995

Étude de Robert Jolibert sur le monastère de Carol : ADA 1 J 638

Ordonnance de visite de l’église du 28 octobre 1670 : ADA G 58

Cadastre général du lieu et juridiction de Baulou (1757-1758) : ADA 49 EDT, CC1

Registres paroissiaux (St Martin et Baulou) : 1676-1792 : ADA 223 EDT (à St Martin de Caralp)

Sur le mammouth : Voir Astre dans « Bulletin de la Société d’Histoire Nationale de Toulouse »,1929

BSA 1926-1930

Plans divers et dossiers: ADA 2 O 260 à 264 (école, restaurations de l’église, eau…)

Plans de la restauration de l’église (1858 ; 1901), des réparations au clocher (1937) : 2 0 261


Célébrité:

Le père Louis de Coma (1822-1911), bâtisseur du « monastère de Carol ».

« Souvenir de famille » de Victorin Vidal, apparenté aux Coma (de Caraybat, commune de Soula), en 1912:

« Je dois une mention toute spéciale au quatrième enfant, Louis, celui que nous n’appelions plus que le Père de Coma, celui qui nous a quitté à l’âge de 88 ans : tête ardente et cœur chaud, comme étaient tous les de Coma, qui tous se ressentaient de leur origine roussillonnaise. A la suite – a-t-on dit – de je ne sais quelle déception de cœur, il se sentit pris de la vocation religieuse… Après des études au séminaire d’Issy, il entra dans la Compagnie de Jésus, où il professa et prêcha pendant quelques temps pour venir finalement vivre les quarante dernières années de sa vie dans son cher Hermitage de Carol, qu’il vient de laisser inachevé et sans destination assurée, après avoir consacré à l’édification de ce Calvaire, de cette église et du monastère dans lequel il est mort, les sommes très considérables qu’il tenait de la générosité de très nombreux bienfaiteurs ;

Pendant qu’il était dans la Compagnie de Jésus, le p. de Coma avait recueilli pour son œuvre de Gethsémani de nombreuses et très généreuses offrandes. Je sais que le Comte de Chambord avait donné 4000 francs et qu’un autre bienfaiteur lui en avait envoyé 10 000 : de ces trois ou quatre cent mille francs dépensés en construction, que reste-t-il ? La métairie de Carol, le Calvaire, une église dont la toiture menace ruine, un petit monastère qui commence à se lézarder et une grotte, où sont rassemblées les tombes de la famille de Coma. »


Registre de catholicité le plus ancien : 1697

(Étude : J.J. Pétris)